En 2016, Pascal concoctait un programme spécial Nature pour les 30 années de sa présence à Madère. Avis aux curieux, il est reconduit en 2017...

Le temps fort : la nuit sur une île déserte !

 

Ni purement ornithologie, ni purement orientés vers les mammifères marins, cette randonnée itinérante abordera aussi les milieux (la forêt de Lauriers, les falaises côtières, les sommets basaltiques, les réserves marines, etc.), et les animaux qui y vivent. Une approche de la géologie est incontournable pour comprendre l’ensemble.

Ce séjour comprend une nuit en bivouac sous tente aux iles Desertas, réserve biologique très règlementée. Nous bénéficions d’une autorisation spécifique pour débarquer et y passer la nuit. C’est le domaine du très rare Phoque moine, de nombreux oiseaux marins nicheurs. Une nuit de Robinson au bout du monde… Les trajets aller et retour sont l’occasion d’observations de mammifères marins et de nombreux oiseaux. Les tortues marines ne sont pas rares.

« C’est avec plaisir que j’organise ce nouveau programme. Depuis mes premiers voyages, je suis en contact avec des scientifiques, des naturalistes de Madère, et j’offre à des randonneurs de venir en profiter. »

Vous pouvez lire les commentaires #60/61/62 des participants 2016.

En 2017, une date seulement !

 

> Sam 10/06 au dim 18/06 - 9 jrs - 1345 €



Images du voyage Terre et Mer de juin 2016 © Pascal Lluch

Ballet de Dauphins - en musique - lors de l'aller comme du retour vers les îles Desertas, où nous avons passé la nuit. Mais aussi des Baleines et des Tortues. Sans oublier les oiseaux de mer... Ci-dessus une galerie d'images flore faune de ce voyage exceptionnel, reconduit en juin 2017.


Pascal revient sur ces 30 années de randonnées à Madère.

Interview...

Pascal, tu accompagnes des randonneurs à Madère chaque année depuis 1986 ; comment as-tu atterri à Madère ?

Dès que j’ai commencé à travaillé, j’ai cherché de nouveaux horizons, de nouvelles terres de randonnée à défricher. J’avais entendu dire qu’il y avait des sentiers et des fleurs à Madère. J’ai donc pris l’avion, comme tout le monde, pour atterrir à Madère. Et j’y suis resté un mois, à arpenter les sentiers perdus, demandant des informations dans les villages, aux taxis, dans mon portugais encore approximatif, puisque je parlais espagnol… Les trois derniers jours, je suis allé m’installer au bout de la pointe Sao Lourenço, avec ma tente, pour mettre au propre mes itinéraires, rédiger des textes. Mon séjour de 15 jours était bien né.


Tu fêtes donc ces trois décennies à Madère avec un programme naturaliste ?!

Quand j’ai réalisé cela – oui ca fait un peu bizarre quand même ! – je me suis dit que c’était l’occasion de mettre en avant les richesses naturalistes de l’île. Pour sortir du cliché « île aux fleurs », et profiter de tout ce qu’elle offre. Mes séjours à Madère sont tous un peu naturalistes, puisque j’évoque autant la géologie, les effets de l’insularité sur l’histoire de la faune et de la flore, l’étagement de la flore, la place de la forêt pluviale dans l’écosystème etc. Mais je vais ajouter des visites et des rencontres spécifiques. Et une nuit sur une île déserte, où nous nous rendrons en voilier. En route, observations des mammifères marins et sur place des milliers d’oiseaux pélagiques ou littoraux à l’époque de la nidification. Cette île est une réserve biologique à l’accès réglementé et limité, et nous serons accompagnés par des biologistes.

Le programme habituel sera donc un peu modifié mais surtout enrichi.

Pour la petite histoire : j’ai amené l’observation touristique des mammifères marins à Madère en 1999. L’année précédente j’étais aux Açores, chez l’ami Serge – Espaço Talassa– et je me suis dit qu’on devait essayer à Madère. Nous faisions, à la fin de nos séjours de 15 jours, une sortie en voilier. Et nous entendions parfois à la radio les pêcheurs au gros évoquer la présence de dauphins. Nous avons donc utilisé leurs informations pour orienter nos recherches. Aujourd’hui plusieurs gros catamarans emmènent deux ou trois fois par jour une centaine de passagers bien serrés, au départ de Funchal. Heureusement on peut aussi faire autrement… Et depuis qu’il y a des études et un suivi scientifique des mammifères marins à Madère, on sait que l’on peut croiser dans les eaux de Madère, au fil de l’année, 23 espèces. Presque autant qu’aux Açores…

 

A quoi ressemblait un séjour de randonnée itinérante à Madère en 1986 ?

En rien à ce qui se pratique aujourd’hui !

Il n’existait aucun hébergement ailleurs que sur la côte sud, essentiellement autour de Funchal. Seul le bivouac était envisageable. Il a fallu négocier avec les services forestiers pour obtenir les autorisations de camping en pleine nature. Et donc trouver des emplacements à peu près plat pour mettre 8 tentes, et accessibles par le véhicule d’assistance. Quand on connait Madère, on mesure le défi… Nous faisions donc 11 nuits en bivouac, dans des conditions parfois compliquées, à cause de la pluie ou de la piste trop boueuse pour le véhicule. Et le téléphone portable n’existait pas. J’en ai fait des kilomètres au pas de course pour régler un problème… Nous ne rencontrions à peu près personne, à part quelques randonneurs à la journée, partis le matin de leur hôtel à Funchal.

Aujourd’hui, les agences ont rétréci le modèle à 8 jours, on dort dans un lit confortable après s’être douché et restauré au chaud et à table…

 

Tu regrettes cette époque ?

Non, mais je suis content de l’avoir connu. J’ai acquis à Madère une expérience qui m’a servi au Sahara, en Asie et bien ailleurs, toujours à la recherche de nouveautés.

Le fait de fréquenter Madère depuis si longtemps, avant l’arrivée des fonds européens, m’a permis de suivre l’évolution de cette île. Il n’y avait quasiment pas de voiture personnelles, parce qu’il n’y avait ni argent ni route, en dehors de la route principale. La plupart des maisons n’étaient desservies que par un chemin empierré ; où auraient-ils garé leur voiture ?! Ne circulaient que taxis, bus bondés et véhicules utilitaires.

Les fonds FEDER sont arrivés à partir des années 90, et le visage de l’île a été rapidement modifié par les infrastructures lourdes. Parallèlement de nombreux émigrés sont rentrés au pays – devenant des immigrés chez eux, car pas très bien vus : la fin des colonies portugaises, la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud, les émeutes de la faim au Vénézuéla etc. Les grosses maisons ont poussé comme des champignons, remplissant l’espace entre les casinha, faisant disparaitre les terrasses agricoles.

Cela me permet, lors du passage de la voiture rouge du facteur, d’évoquer le facteur des années 80, qui de sa corne invitait l’heureux destinataire d’un courrier à venir le chercher à la croisée des chemins… C’est cette même corne qui est l’emblème de la Poste, peint sur la voiture.

 

Madère change bien sûr, mais chaque année depuis 30 ans… ?

Et bien non, mon plaisir de revenir reste intact. Je limite à 3, maximum 4 séjours par an sur l’île ; de préférence en fin de printemps. Et j’aime déceler les changements, retrouver le long du chemin tous ces amis, leurs enfants qui ont grandi, prendre des nouvelles du vin nouveau, être à l’aise avec les itinéraires, savoir qu’à tel endroit je vais retrouver telle plante et la montrer. Bref, bien connaitre à la fois globalement et dans le détail est un plaisir qui s’autoalimente en quelque sorte.

 

Si tu devais lister quelques impressions disparates et marquantes de ta présence à Madère depuis trois décennies ?

Pêle-mêle, je peux évoquer :

-        Les forêts verticales, pour moi les paysages les plus spectaculaires pour un naturaliste du continent

-        Le carillon de Sao Roque de Faïal, et le puncha de Manuel

-        L’honnêteté des gens, parce qu’une fois j’avais égaré la pochette avec le budget de trois groupes, que j’ai retrouvé chez le curé…

-        Les brodeuses que l’on rencontrait sur le pas de leur porte, le long du chemin, et qui ont quasiment disparues

-        Les soirées un peu folles à Jardim do mar ; certains comprendront !

-        Les bivouacs détrempés, dans la laurisylva ; c’est là que soirées et nuits les plus épiques se sont jouées.

-        Les cris nocturnes des puffins nichant dans les falaises ; parce que lorsque votre camp est planté juste en dessous, vous n’êtes pas sûr de dormir, à moins de faire des cauchemars !