Anastasia, tu es l'interprète sur ce séjour, peux-tu nous présenter ces séjours en quelques mots ?

L'harmonie splendide de la nature et de la culture... L'hiver russe, la rigueur, la sobriété du Nord, mais la cordialité et la générosité des gens qui nous accueillent, les jours courts, mais les aubes et les couchés du soleil longs. Les couleurs polaires, les couleurs du Nord, qui changent doucement au cours de la journée, les horions ouverts, les lacs couverts de la neige, la taïga verte et la toundra blanche. C'est un écrin de trésors...

Et l'un de ces trésors, le plus précieux, c'est la lumière des aurores boréales de la couleur de la malachite... Pour moi, les aurores boréales s'associent avec cette pierre précieuse. La malachite est une pierre qui vient de l'Oural, bien connue des enfants russes grâce aux contes de Pavel Bajov tels comme la Fleur en Pierre et le Coffret en Malachite (Malakhitovaya chkatulka). Elle décorait souvent le vêtement des tsars, les coffrets, les objets de pouvoir. Cette pierre possède toute les nuances du vert. Sur la coupe de pierre de malachite, vous trouverez les formes des fleurs, les vagues et même le vent. La malachite garde l'histoire, elle attire, comme les aurores boréales.

 

Qu’as-tu découvert lors de ces séjours ?

La plus grande découverte pour moi, ce sont toujours les gens. Plus que d'autres choses, ils nous parlent de la culture, des traditions, de la vie, de la Russie. 

 

As-tu des souvenirs particuliers, des anecdotes des séjours de l’hiver 2016 ?
J'aimais beaucoup l'attente des aurores boréales ! On s'habille, couche après couche, comme un chou, transpire dans le chaud, et part enfin comme cosmonaute dans l'espace.
Grâce à l'internet et surtout un site qui donne des prévisions des aurores boréales, on pouvait monitorer leur intensité et savoir à quelle heure il faut sortir dehors pour les voir (c'est fou, n'est-ce pas ?).
Je me souviens, qu'un jour les aurores boréales avaient été "prévues" pour 8 heures du soir, quoique normalement, elles apparaissaient à peu près à 22 heures. On dînait. Mais quelqu'un de l'équipe a décidé de vérifier si la prévision est vraie. Quelques secondes plus tard, il est revenu : les yeux grands ouverts - tout le ciel a changé la couleur. Il me semble, qu'à ce moment, nous sommes tous sortis dehors sans nos doudounes. Et le ciel a récompensé cette étourderie par un moment vraiment fantastique. Pourtant, nous sommes retournés assez vite dans le gîte, pour s'habiller.

J'aimais aussi beaucoup les moments de la sérénité. La sérénité du Nord, des soirs, quand tu bois des boissons chaudes (comme tous les russes, je préfère le thé), parles et discutes des choses avec quelqu'un, 10 minutes dehors pour vérifier les aurores boréales et le retour au chaud. Pour moi, la campagne russe, c'est ça, en fait : les longues discussions le soir avec les boissons chaudes, dans la maison bien chauffée, quand il fait froid dehors, le ciel est plein d'étoiles et tu es dans cette éternité, ne bouges pas, observes...

As-tu entendu d’écotourisme ? Vois-tu des liens entre ces séjours et les critères de l’écotourisme ?
Oui, par exemple, à Kinerma nous nous logeons dans la maison qui tout à fait correspond aux critères de l'écotourisme: toilettes sèches, maison isolée...mais il y a des choses que l'on ne peut pas changer dans cet itinéraire pour le faire plus écologique : le transport, par exemple. Il ne faut pas oublier que la Russie est connue dans le monde entier par ses espaces et pour les traverser on a sûrement besoin du transport. Mais même là, on utilise le train au lieu de l’avion, ce qui prend plus de temps. Mais la Russie pour moi, c'est aussi la patience et pour celui qui est patient, le monde se découvre...

Les régions visitées sont-elles touristiques ?
Effectivement, mais plutôt en été. En hiver, elles deviennent moins accessibles, ce qui donne en fait à chacun des voyageurs qui partent avec nous le goût de découvertes, comme si nous y sommes les premiers. 

 

Qu’apprécies-tu le plus de ces séjours ?
Les découvertes qui sont différentes dans chaque séjour ! Pour chaque groupe, elles ne sont pas les mêmes. Avec le premier groupe qui faisait ce voyage, nous avons eu la chance d'entrer dans une petite église en bois au bord de l'Onéga. Nous n'y étions pas tout seuls, mais accompagnés par le propriétaire du gîte qui nous a accueillis pendant le séjour au bord de l'Onéga. Volodia, le propriétaire, a eu la clé de cette église, c'est lui avec une équipe d'amis qui s'occupaient de la restauration. Ce qui est important, que nous avons pu voir l'essentiel : la restauration avance petit-à-petit. Si nous n'avions pas eu cette chance de visiter l'église et d'avoir les explications de Volodia à propos de la restauration, en passant à côté d'elle, en n'en sachant rien, cette église serait pour nous une partie de l'image de dégradation.

Mais dans notre cas, cette occasion de la visiter a devenu un petit rayon de soleil ! La vie continue, les traditions et la culture sont toujours précieuses pour le peuple, elles ne vont pas disparaître.
Avec le deuxième groupe, l'une des plus grandes de découvertes, c'était de tomber sur les traces de lagopèdes et puis de les voir tout près... Imaginez : la péninsule de Kola, les montagnes de Khibiny, la tourmente de neige, tout est blanc. Il y a une impression, que la vie s'y est arrêtée jusqu'au printemps. Et tout à coup, dans cette tourmente de neige - la vie... très fragile, qui sait résister au froid! Les lagopèdes sont les très drôles oiseaux. Les poules polaires. Ils se déplacent, en se dandinant, courent vite. Les lagopèdes n'ont pas peur de gens, ils sont plutôt curieux, laissent s'approcher d'eux assez près. Nous les observons, faisons les photos, laissons partir. D'où sont-ils arrivés et où sont-ils partis? Personne ne le sait, mais c'est très bien, quand la vie t'offre si bons moments. Ils sont comme les cadeaux que nous n'attendons pas.

Un petit conseil pour ceux qui auraient envie de venir ?
Ne pas avoir peur du froid ! C'est tout à fait ce dont Pascal parle dans son interview : "nous sommes bien au chaud dès que nous ne sommes plus dehors."
Dans la Carélie et au Kola, nous prenons le bania russe. Pendant les bains, nous sortons et sautons dans la neige. "Quoi ?" – vous demandez vous. Selon ma propre statistique de 2016, au début du voyage, dans le groupe, il y a une personne, maximum, qui veut bien essayer de le faire. Mais qu'est-ce que se passe avec cette statistique au cours du séjour ? 90 % du groupe le font. Pourquoi ? Comment est-il possible ? Je peux dire tout de suite que nous ne forçons pas le faire, mais ça se passe naturellement. Voulez-vous en savoir plus ? Je vous invite en Russie pour recevoir les explications ou pour les trouver vous-mêmes !


Anastasia est guide interprète et montagnarde, passionnée de voyages, culture et langues étrangères. Anastasia aime aussi beaucoup sa Russie. Originaire de Saint-Pétersbourg, elle y a étudié le tourisme et l’économie à l’université. Aujourd’hui elle a des responsabilités dans une agence de trekking et d’alpinisme russe.
En tant que guide-accompagnatrice et guide-interprète, elle travaille dans les montagnes du Caucase (l’Elbrouz, le Kazbek et l’Ossetie du Nord), au bord du Baïkal, dans les coins perdus de la Carélie, au Kamtchatka ou dans le Transsibérien, entre Saint-Pétersbourg et Pékin. Elle pratique aussi régulièrement l’escalade.

 

Elle aime les rencontres et faire découvrir les beautés de son pays natal.

 

Et imaginer de nouvelles découvertes.