Madère : informations compémentaires

Grain de beauté sur l'océan Atlantique, Madère, au large du Maroc, est un mélange de Méditerranée, d'Afrique et de douceur portugaise. Découverte au XVème siècle par des marins partis à la recherche de la route des Indes, elle est la partie émergée d'un vaste complexe montagneux de plus de 5000 mètres de hauteur. L’île culmine au-dessus des flots à 1861 mètres.

Son calme insulaire, son volcanisme tourmenté, son exubérance tropicale, ses côtes abruptes, ses "levadas" incroyables qui irriguent “les poios” n'appartiennent qu'à elle.

Baignée par le Gulf Stream, Madère bénéficie toute l’année d’un climat tropical tempéré par la douceur de la mer. La "perle de l'Atlantique" offre ainsi aux randonneurs les charmes de sa végétation semi tropicale qui en font toute l'année un véritable jardin fleuri, la variété et la beauté de ses paysages, immenses panoramas des sommets à la l’océan.

Nos itinéraires traversent l'île et sont conçus pour parcourir tous les étages de végétation des deux versants, très contrastés.

 

MADERE EN CHIFFRES

  • Dimensions : Longueur maximale : 57 km (est-ouest)

                              Largeur maximale : 22 km (nord-sud)

                              Superficie : 750 km²

                              Altitude maximale : 1 861 m (Pico Ruivo).


  • Population : 300 000 habitants environ, dont plus de 100 000 à Funchal, la capitale. Densité : 400 h/km² ; 1500 h/km² à Funchal. A l’exception de Funchal, aucune ville n’a plus de 20 000 habitants.
  • Capitale : Funchal
  • Langue : portugais
  • Religion : catholique

Flore

On peut venir à Madère simplement pour découvrir ses paysages, qu’ils soient naturels ou façonnés par l’homme. Ils font sa plus grande richesse. Bien sûr, on apprécie d’autant mieux l’extraordinaire diversité des espèces végétales qu’on connaît celles qui nous environnent habituellement. Hortensias, amarylis, fuschias... envahissent spontanément les sous-bois. Quantité de plantes que nous devons acheter et bichonner toute l’année pour les voir survivre, se débrouillent ici toutes seules et prennent parfois des tailles insoupçonnées.

 

Les levadas

Trésor d’ingéniosité et de génie civil, le réseau des canaux d’irrigation élaboré dès le début de la colonisation fut parfois l’œuvre de forçats ou d’esclaves, mais plus souvent d’ouvriers qui mettaient leur vie en jeu pour amener l’eau des hauteurs vers les jardins situés plus bas, parfois au-dessus d’à-pic vertigineux. Il se construit encore des levadas de nos jours. La culture intensive toute l’année doit s’affranchir des périodes sèches. La côte sud, plus cultivée, est moins arrosée que sa voisine du nord, véritable château d’eau. Plus de 1 000 kilomètres de canaux drainent l’eau des forêts vers les cultures. Pour amener le précieux liquide vers des destinations éloignées ou sur l’autre versant de l’île, ces levadas empruntent souvent des tunnels creusés à la pioche. Chaque canal est longé par un petit chemin, régulièrement parcouru par les lavadeiros, le plus souvent facile à suivre, et qui transforme une promenade en un enchantement. Toujours à flanc de montagne, accompagné du léger clapotis de l’eau, on a parfois l’impression de se déplacer dans un film de Werner Herzog. Partir à la découverte de ces levadas est un jeu passionnant et en fait le seul moyen de réellement découvrir l’île.

 

Géographie

Au large du Maroc (650 km), cette petite île volcanique (57 km de long et 22 de large) de reliefs plus ou moins déchiquetés, sans plaine littorale et sans plage de sable, est dominée par une arête médiane délimitant deux versants, nord et sud. Ses plus hauts sommets dépassent 1800 mètres. Les reliefs sont profondément entaillés par les torrents s'attaquant aux couches relativement tendres (tufs) des roches volcaniques. Bien que les dimensions soient modestes, les paysages sont sans cesse renouvelés.

L'habitat dispersé est un des traits principaux de l'île, bien que la densité soit très élevée.

 

Population

La population est d'origine portugaise mélangée avec celle des colons d'autres pays. Espagnols, italiens, flamands, et anglais se sont mélangés avec la souche portugaise. Depuis le XVIIIème siècle le problème est l'augmentation de la population par rapport aux possibilités de production de l'île. D’où le taux élevé d'émigration dès cette époque. Aujourd'hui, avec 300 000 habitants, la densité et d'environ 400 habitants au Km². Madère est l'île la plus peuplée de l'Atlantique.

 

Climat

Le climat tropical, tempéré par la douceur de la mer, procure une température souvent édénique.

Les fleurs qui se renouvellent tout au long de l'année, avec un pic de floraison en juin et juillet.

Au niveau de la mer, tout au long de l'année, la température varie entre une moyenne de 24° en été et 20° l’hiver, tandis que la température de l'eau varie de 17° à 24°.

Sont climat a fait le succès des palaces de Funchal, le chef-lieu, fréquenté par les grands de l'Europe à la fin XIXème et début du XXème.

 

Végétation

Au large du Maroc cette île volcanique bénéficie d'une situation géographique et climatique privilégiées. Aux plantes endémiques (environ 130) s’ajoutent celles que l’on ne trouve qu’en Macaronésie, ensemble phytho-géographique que sont (du sud vers le nord) les îles du Cap Vert, les Canaries, l’archipel de Madère et les Açores (environ 700). Pendant des siècles les voyageurs ont rapporté des plantes de tous les confins du Monde ; ces plantes se sont adaptées au sol et au climat pour enrichir la végétation de l'île.

Outre la variété d’espèces, de couleurs, les botanistes du Monde entier ont entendu parlé de la laurissilva de Madère ; celle-ci n'existe que dans la Macaronésie, et c'est à Madère que l'on trouve la plus grande surface (environ 10 000 ha) malgré les destructions massives du passé. Elle fut classée au patrimoine de l'humanité en décembre 1999. Cette forêt ancienne, qui nous ramène à l’ère tertiaire, a survécu dans cette zone car elle fut épargnée par les dernières glaciations qui ont envahi l'Amérique et l’Europe. L’élément dominant est le laurier, ou plutôt les lauriers car il en existe 4 espèces, arbres de 10 à 20 m, et l’association végétale qui l’accompagne présente de nombreuses plantes devenues très rares. C'est cette forêt, disparue chez nous, qui autrefois couvrait l'ensemble de l'île, qui donna son nom à l'île. En portugais Madeira signifie toison de bois, couverture boisée.

 

Agriculture

Pour s'installer sur ses pentes abruptes, le colonisateur a dû défricher la forêt ancienne. Pour construire des terrasses (Poios), parfois grande comme un drap, il a débité la roche puis récupérer la terre au fond des ravins pour remplir ses terrasses. Tout est travaillé à la main. Cette terre volcanique est très riche et permet de nombreuses cultures tout au long de l’année ; les pluies ayant un caractère plutôt saisonnier ne sont pas suffisantes pour arroser les cultures ; les agriculteurs ont dû creuser à flanc de versant des centaines de kilomètres de rigoles (levadas) pour aller chercher l'eau en amont dans les rivières du torrent pour apporter l'eau vers leurs jardins. Fille du Feu et de la Mer, selon l'expression consacrée, Madère est un intarissable château d'eau. Cette association c'est le miracle de Madère. Ces levadas, taillées parfois dans des falaises verticales, empruntent des tunnels, franchissent des ravins profonds, serpentent le long des versants en dominant les village et les cultures. Les sentiers qui les longent, pour leur entretien, sont autant de fils d'Ariane pour le promeneur découvreur. Toujours en balcon, ils permettent de s'enfoncer dans la forêt primaire, dans les entrailles de cette terre mystérieuse.

La première culture importée à Madère, du XVème au XVIIème siècle, fut la canne à sucre. Mais suite à la découverte du Nouveau Monde, c'est la vigne qui l’a remplacé, supportant des attitudes entre 200 et 500 mètres. Aujourd’hui encore elle est encore l'une des principales richesses de Madère. A basse altitude, et bien exposé au soleil, le bananier prospère, là où l'eau est abondante. Ces bananes de petite taille sont délicieuses et très parfumées.

 

Economie

Jusqu'au XVIème siècle c'est l'époque de la prospérité du sucre, puis la vigne prend le relais, mais cette activité est confrontée aux maladies successives qui affectent l’ensemble du vignoble. Chaque nouvelle crise provoque le développement de nouvelles activités (broderie, vannerie, etc.). Récemment le tourisme est devenu la première activité économique. En dehors de l'agriculture qui occupe 25 % de la population et constitue une partie significative du revenu intérieur, le tourisme et les exportations (vin de Madère, osier, broderies, fleurs coupées) forme un ensemble d'activités modernes.

 

Vin de Madère

Le vin de Madère, liquoreux et gorgé de soleil, fut découvert par hasard, vieilli dans la chaleur des cales des navires en partance pour les Indes.

Cette idée de “cuire” le vin dans des greniers surchauffés remonte à l'époque de la navigation portugaise vers les Indes. Lorsque des barriques revenaient invendues du long voyage, on remarqua la qualité exceptionnelle du vin « retour des Indes ». Des bateaux de commerce qui touchaient Funchal sur la route des Amériques prenaient à bord des barriques de vin local renforcé par de l'eau-de-vie. Le vin pouvait ainsi se garder sur une plus longue période et gagner en alcool. Le procédé se généralisa. Ces vins subissaient des températures jusqu'à 35 degrés au passage des tropiques et cela avait pour effet d'apporter des modifications plutôt agréables comme un goût de brûlé très particulier. L'habitude fut alors prise de réchauffer le vin dans des soupentes à Madère.

Ces vins sont produits à partir des cépages européens, cultivé dans des zones appropriées et obéissant à un échelonnement en altitude. Les vignes sont cultivées dans de petites propriétés, en particulier dans les terrains proches de la mer et altitude modérée. La récolte un lieu entre le début du mois de septembre et la mi-octobre. Les vins affichent un degré compris entre 16° et 19° degrés. Le Sercial, le Boal, le Malvoisie, le Verdhelo sont les plus connus.

 

Le Fado

On dit qu'il est né il y a deux siècles, dans les bouges des bas quartiers du port de Lisbonne. Chants des marins et des prostituées, il a assimilé des rythmes venus d'Amérique du Sud, les mêlant aux mélopées héritées de l'occupation maure. Le fado chante avec une ferveur quasi hypnotique la tristesse, l'instinct de la mort, l'amour, le machisme de classe. Soutenu par la guitare à douze cordes qui racle l'âme et fait trembler à unisson interprètes et auditeurs, il exprime, côte à côte, la vitalité et le sens de la Saudade, cette nostalgie qui n'est qu'aux portugais. « En chantant on vit la vie, les peines s'oublient en chantant. ».

 

Politique

Située à des attitudes africaines, l'île de Madère entretient néanmoins son caractère européen. Jouissant d'une large autonomie, elle fait partie intégrante du Portugal et donc du grand marché européen.

Comme c'est souvent le cas des îles, orpheline du développement, Madère est resté très traditionnelle. Même si un fort vent de modernisme provenant de Bruxelles, a bouleversé une partie de la côte sud déjà auparavant bien urbanisée.

 

Funchal

Concentrant plus d’un tiers des habitants de l’île, Funchal est construite dans une large baie sur un amphithéâtre naturel de montagne. Sur les pentes raides s’étagent des maisons aux tons clairs, ocres délavés et bleus pâles, entourées de jardins en terrasses aux plantes exotiques. La nuit en descendant de Monte (600 mètres d'altitude), Funchal apparaît comme une galaxie scintillante au bord de l'eau.