Jour 2 bis – Pointe de Sao Lourenço

J’aime bien cette presqu’île, comme un doigt pointé vers l’Afrique, dont elle ressemble tant à certains environnements. La végétation, fort différente de celle du reste de Madère, a une forte affinité saharo-sahélienne : je reconnais donc des plantes que je connais bien, au sud du Sahara ou au nord du Sahel. Des plantes adaptées à la sécheresse et à la présence de sel. Une grande partie d’entre elles captent l’humidité de l’air, au lieu de la chercher dans le sol, qui en est dépourvu une bonne partie de l’année. Les masses d’air humide ne font qu’effleurer cette terre, mais ne l’arrose point, le relief n’étant pas assez élevé pour les forcer à s’élever suffisamment pour condenser et précipiter. Les plantes ont « appris » à se contenter de cet air qui passe, et à y prélever de quoi aller dissoudre les sels minéraux par leurs racines.

Côté géologie, c’est le festival volcanique… La palette des ocre des pouzzolanes contraste avec les sombres basaltes, en couches empilées ou en dykes, ces montées de lave en filon, qui ont frayé leur étroit chemin dans des terrains plus anciens. On imagine les pressions à l’œuvre !

La randonnée en aller retour donne aussi de beaux coups d’œil sur le relief de l’île et le contraste entre les deux versants, celui au vent (nord), abrupt et découpé par l’érosion, et celui du sud, au relief plus doux, comme son climat.

Avec un peu de chance on peut apercevoir un phoque moine, dont la population, tombé à 15 individus, a failli totalement disparaitre. Heureusement le mise en réserve naturelle des îles Desertas, où les pêcheurs les tiraient (ce phoque est un gros mangeur de poissons…).

Observez bien la photo du lézard ; son plus proche parent vit en Afrique du Nord Ouest, et comme lui, lorsque la roche est surchauffée, il lève alternativement ses membres postérieurs et antérieurs opposés pour que ses doigts particulièrement fins ne brûlent pas. La roche peut atteindre plus de 60°. Il a colonisé l’île il y a environ 10 Millions d’années, arrivant probablement d’Afrique sur du bois flotté. Aujourd’hui il a commencé à s’installer dans les parages de Lisbonne, mais il a trouvé un moyen moderne de locomotion, le container de fret…


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